Lanzarote et ses volcans

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Futurs invités, je vous préviens : les vacances à bord de Penn Gwen, ça se mérite ! J’aurai pu m’en douter après avoir lu l’article de Manou et Thibaut : les pauvres  étaient tellement épuisés qu’ils ont fini dans le délire et les hallucinations !  Quant à moi, non seulement j’ai dû faire l’instit le matin mais j’ai été sommée d’écrire un article. Heureusement, Mélisse et Erell ont accepté de m’aider un peu  pour l’article : nous avons choisi d’aller à la découverte de Lanzarote et de ses volcans.

Mélisse : « Lanzarote est une très belle île avec ses beaux paysages de volcans et ses beaux villages. »

En effet, nous sommes saisis à Lanzarote par l’aspect lunaire des mers de lave qui contraste avec les villages aux maisons blanchies à la chaux et entourées de palmiers. Ces paysages ont inspiré le peintre et sculpteur, César Manrique, natif de l’île (personnalité qui devrait faire l’objet d’un autre article).

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Au fil des temps, les éruptions volcaniques ont modelé l’île qui compte 300 cônes volcaniques !

Au Nord de l’île, des éruptions remontant à près de 5000 ans ont  généré dans une coulée de lave un tunnel de 8 kilomètres de long qui s’étend du volcan «  La Corona »  jusqu’à la mer. Ce tunnel de lave est le résultat d’une rivière de lave qui refroidit (et donc se durcit) en surface et continue de couler à l’intérieur.

Nous avons visité une partie de ce tunnel, la Cueva de los Verdes : il s’agit d’un gouffre de 1 km de long avec des chambres superposées. Les habitants de l’île s’y réfugiaient lorsque des pirates les attaquaient. Lors de la pire attaque, les attaquants étaient 5000 pour 2000 habitants ! Les habitants, qui connaissaient très bien le gouffre, s’étaient cachés dans une  partie supérieure du tunnel de 200 mètres de long. Les pirates, qui avaient réussi à entrer, passaient juste au-dessous d’eux sans les voir. Comme l’attaque des pirates a duré 45 jours, les hommes sortaient la nuit par un tout petit passage pour aller chercher de l’eau dans une source.

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Au Sud-Ouest de l’île, le parc national de Timanfaya est le résultat d’un phénomène volcanique d’une ampleur impressionnante qui s’est déroulé il y a moins de 300 ans. Le 1er septembre 1730, une première éruption volcanique avait fait apparaitre une montagne d’où jaillissait un immense feu crachant des coulées de lave. Puis durant 6 années, les éruptions ne cessèrent pas : de nouveaux volcans surgirent, rejetant chaque jour des millions de m3 de lave et des roches et pierres en fusion se déversant dans  toute la campagne alentour et jusque dans la mer. Les habitants, alertés par les secousses sismiques qui avaient précédé la première éruption, s’étaient réfugiés dans un premier temps à Téguise, la capitale située un peu plus au Nord de l’île, pour ensuite s’exiler sur les autres îles alentour.

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Dans la montagne de Feu, au cœur du parc, l’activité volcanique est toujours présente :

  • les brindilles s’enflamment à la chaleur du sol
  • de l’eau versée dans un trou se met à bouillir et jaillit comme un geyser
  • un barbecue géant permet de cuire la viande

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Nous avons fait une randonnée jusqu’au cratère du dôme apparu la première nuit de l’éruption de 1730.

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La partie haute du volcan est constituée de grosses projections de magma visqueux se solidifiant sur place, un peu comme de la purée qui bout. La partie basse se compose de lapillis. Ces minuscules pierres volcaniques se forment lors d’explosions de faible puissance projetant de petits bouts de lave qui se solidifient pendant leur trajet dans l’air. De nuit, cela ressemble à un feu d’artifice. Comme il y a souvent du vent de nord-est aux Canaries (les alizés), il y a dans certains cas des dômes secondaires formés par les lapillis emportés par le vent pendant l’éruption.

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Erell a reproduit le volcan de notre randonnée (si ce n’est que le dôme secondaire n’a en réalité pas de cratère)

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A l’intérieur du volcan, nous avons vu de très jolies  pierres volcaniques, les olivines. Malheureusement, il est interdit d’en ramasser 🙁

La végétation est très résistante, et dès qu’il pleut, ce qui a été le cas pendant notre séjour, des arbustes se couvrent de feuilles.

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La grande éruption de 1730-1736 a dévasté une grande partie de l’île (200 km2), avec ses 50 villages et hameaux et tous les champs attenants. Lorsque les habitants sont revenus sur l’île après la fin des éruptions, ils ont dû s’adapter à ce nouvel environnement et ont tiré parti de la fertilité du sol volcanique, propice à la culture du raisin.

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Vignes. Le pied est planté dans un trou pour lui apporter de l’humidité. La vigne se développe au ras du sol et est entourée d’un muret en arc de cercle pour la protéger du vent.

Laurence/Mamilo.

10 réponses

  1. Christiane
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    Hé bien, ya rien à dire sur l’article de la dernière équipière en date ! Elle a bossé un max ! Voilà que nous savons tout tout tout sur la volcanique attitude de l’île, bravo, et c’est très bien illustré. Thibaut et moi, nous avions carrément éludé l’aspect reportage de la chose, hé hé !
    Flora, tes cheveux poussent ? ça te va bien aussi. En plus on dirait que le climat marin te fait friser ;-))
    Laurence, comment se passe ton retour ? pour le coup, ça doit te défriser d’avoir quitté les routes du grand tourisme – même si elles passaient par un job d’instit à bord. Bon courage pour le débarquement dans les froidures.
    Gros bisous à vous, j’étudie la question du fatboy, et avec Bernard celle des radiateurs, et il faut que j’avance sur mes préparatifs, pfff… je suis un peu nulle pour l’instant, mais je me suis fait un planning.
    Voulez-vous que je termine d’autres protège-amarres ?

  2. Mamilo
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    Pour le retour, la transition a été difficile ! Le séjour s’est passé merveilleusement, mais bien trop rapidement. C’était du bonheur …
    Pour l’article, merci à Aurélien et Flora qui m’ont aidée, vendredi soir, pour que je le termine avant de partir, puis l’ont publié dès le lendemain , quand ils ont eu internet. Je pensais avoir le temps de rédiger l’article « calmement » dans le beau mouillage d’Isla Lobos, au Nord de Fuerteventura : en fait de calme … le bateau a dansé tant qu’il a pu !
    C’est promis, Mélisse, la prochaine fois, je resterai plus longtemps !

  3. Monique NEYRET
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    Merci Laurence pour ce reportage! Les photos sont belles et je suis toute contente d’avoir revu les bouilles des navigatrices et teur!

    Nous revenons d’un week end à Nancy pour faire la connaissance avec le lieu d’études de Clément. Super ville.

    Bises à tous et bon courage Laurence pour ton retour en terre froide!

  4. Ophélie
    | Répondre

    Super intéressant, encore de grandes découvertes pour nous, lecteurs ! Les ballades dans les tunnels ne devaient pas être rassurantes, même si ça a l’air joli et plein de couleurs…. faut pas être claustrophobe… Des gros bisous à tout l’équipage

  5. Babeth
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    La classe grandeur nature c’est vraiment super ! Nous en apprenons autant que vous ! Bravo à l’Institut et aux élèves… Et aux parents ! Si j’arrive à faire mes cours de géographie un dizieme aussi intéressants, je serai contente ! Continuez ainsi de nous régaler de vos découvertes. Bises

  6. Anne
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    Magnifique reportage … c’est toujours aussi sympa de visiter tous ces endroits depuis son salon 🙂
    Regardez par le hublot , vous allez peut-être apercevoir les derniers du vendée globe !
    Bisous à tous
    Anne

  7. Gérard Dubreuil
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    Eh oui avez-vous vu passé les formules 1 du vendée globe ? en 3 ou 4 jours ils étaient chez vous!
    L’article est très intéressant , il est à la hauteur de vos productions habituelles. Et chapeau pour les résistants de l’île d’avoir ainsi berné leurs agresseurs . Je me pose naïvement la question : quelle origine ethnique des habitants de cette île ? africaine ? espagnole ? en un mot l’île était-elle habitée avant l’arrivée des « conquistadores »?
    Un grand bravo pour Erell , je trouve sa maquette de volcan très parlante.
    Pour terminer , une question rouge du jeu des 1000 euros: quel est le plus grand volcan d’Europe : le Vésuve , le Stromboli ou l’Etna? Les grands se taisent!
    Grosses bises à vous quatre . Grand-père.

    • auflo
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      Ah ah, allez, un de ces 4, on fait un article sur les guanches…

  8. edith
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    Merci beaucoup pour ce nouveau reportage, sûr qu’il faut être à la hauteur quand on est invitée sur ce bateau!! Très sympas, ces plantations de vignes!! Font-ils du vin bio? (question pour rire!)

    Ce soir, avec Marie, on regarde sans grand espoir le ciel, pour voir apparaître la grosse lune, mais pas de chance, trop de nuages la voilent! Vous la voyez peut-être mieux d’où vous êtes!

    Sympa de vous voir en tee-shirt, alors que nous sommes déjà bien emmitouflées!
    Pleins des bisous des tatas!

  9. Annick Lafond
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    Wahou super, les photos sont magnifiques. Bravo pour le reportage, très_ intéressant.
    c’est un plaisir de se cultiver d’un fauteuil.
    Vous avez l’air en pleine forme et c’est super profitez au maximum.
    De gros bisous à vous.

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