L’eau des îles du Saloum

with 23 commentaires

On est au Sénégal pour visiter, mais pas uniquement ça. Aussi parce que l’association Voiles Sans Frontières nous a donné une mission pour aider les gens des villages des îles du Siné Saloum. On essaie de savoir si l’eau qu’ils ont leur suffit et si elle est bonne pour la santé.

Il y a quelques années, les gens des îles du Saloum avaient un peu d’eau, mais pas très bonne pour la santé. L’eau qu’ils avaient, c’était soit de l’eau de mer, qui n’est pas potable car elle est trop salée, soit de l’eau de la nappe phréatique, qu’on récupère dans les puits avec un seau, ou avec le forage. Un forage c’est comme un puits sauf que l’eau est pompée par une machine. Le problème c’est que l’eau de la nappe phréatique des îles du Siné Saloum n’est pas bonne pour la santé. Elle a trop de sel et trop de fluor. Et les puits étaient souvent à sec.  

Voiles Sans Frontières a construit des récupérateurs d’eau de pluie. Très simple à faire : une gouttière sur un toit, qui mène l’eau de pluie dans un réservoir en béton, et qui coule au robinet quand on l’ouvre. Mais ça ne marche pas toujours, parce qu’en hiver, il ne pleut pas au Sénégal. Ca ne marche que pendant la saison des pluies, une saison où il fait tellement chaud que ça fait de gros orages et il pleut. A ce moment-là, il faut récupérer beaucoup d’eau dans le réservoir pour la saison sèche. C’est bien parce que l’eau des récupérateurs d’eau de pluie est bonne pour la santé et parce que, si ça tombe en panne, c’est facile à réparer. Mais le seul inconvénient c’est qu’il n’y en a pas pour tout le village : il n’y en a que pour les écoles, les hôpitaux ou les gens qui s’en construisent.

Un récupérateur d’eau de pluie, au poste-santé de Bassar

Il y a aussi un autre moyen, c’est d’enlever le sel de l’eau de mer ou l’eau du forage avec une machine : un dessalinisateur. L’eau salée passe dans un filtre qui laisse passer l’eau mais pas le sel. L’eau de cette machine est très bonne, mais cette machine ne fait pas assez d’eau pour tous les villageois et elle coûte cher (le bidon de 20 litres coûte 200 FCFA). Et quand ça tombe en panne, c’est très dur à réparer pour les villageois.

Ce dessalinisateur est en panne depuis plusieurs mois

Mais ces sources d’eau ne suffisaient pas pour toutes les îles du Saloum. Pour aller chercher de l’eau, certains villages devaient faire 2h de pirogue pour aller au continent chercher de l’eau douce, ou alors marcher 2km pour aller au puits.

Des gens qui ramènent des bidons d’eau du puits à Siwo

Des filles de Siwo qui vont laver le linge au puits parce que c’est plus pratique que de ramener l’eau pour faire la lessive au village

Donc l’état du Sénégal a décidé de construire un gros tuyau qui amène l’eau du continent aux îles du Saloum. C’est tout neuf : ce réseau a été terminé il y a deux ou trois mois. Il marche grâce à un château d’eau. Un château d’eau c’est un gros réservoir qu’on met le plus en hauteur possible. Une pompe fait monter en haut du château d’eau l’eau qui arrive du continent. Et puis comme l’eau est attirée par la terre, elle descend et elle peut aller très loin dans les villages des îles, juste en coulant comme une rivière. Et elle arrive au robinet de la fontaine du village. Les habitants sont très contents, ça va beaucoup améliorer leur vie. L’année prochaine, ils devraient même pouvoir avoir l’eau chez eux et ils sont pressés parce que ce sera plus pratique et moins fatigant.

Le tuyau qui amène l’eau du continent ; ce tuyau traverse les bolongs et les îles

Le château d’eau

Une borne fontaine

Mais on a quand même vu deux villages, Maya et Siwo, où ils n’avaient pas encore l’eau du continent. On va le dire à Voiles Sans Frontières pour voir s’ils peuvent les aider.

Mélisse

P.S. des parents : si cela vous intéresse, vous pouvez en savoir plus sur Voiles Sans Frontières en allant visiter leur site : www.voilessansfrontieres.org.

P.P.S. : Au moment de publier l’article, nous apprenons avec soulagement qu’après plusieurs mois de pénurie, les 1000 habitants du village de Siwo recoivent à leur tour l’eau du continent depuis hier.

23 réponses

  1. anne
    | Répondre

    ça m’a donné soif toutes vos histoires ! gros bisous à tous

  2. Michel HUCHET
    | Répondre

    bravo Mélisse je vois que tu as tout compris à la problématique de l’eau dans les îles du saloum. l’arrivée de l’eau du continent dans les villages va bouleverser la vie des populations pour leur mieux-être bien entendu. J’imagine qu’avec ton expérience du bateau et ta connaissance de ce petit coin d’Afrique, tu ne verras plus jamais l’eau couler du robinet de la même manière. …

  3. Inès et Julian Bidault
    | Répondre

    Merci Mélisse c’était très intéressant ! Nous ici tout se passe bien mais toi tu n’as pas trop chaud? Est-ce que vous vous êtes fait des amis de votre âge au Sénégal?

    • auflo
      | Répondre

      Coucou Inès et Julian ! Oui, il fait un peu chaud, surtout en milieu de journée. Je suis allée à l’école pendant 2 jours, en maternelle parce que je voulais être avec ma soeur, et je m’y suis fait une copine qui avait 5 ans, mais je ne l’ai vue que 2 jours. A Dakar, je me suis fait une copine, Mbene, elle a 11 ans, et d’autres copains sénégalais qui habitaient à côté de notre mouillage. Mais même si je vois plein de copains, vous me manquez et votre commentaire me fait plaisir. Mélisse.

  4. Erwann
    | Répondre

    Bonjour, c’est Erwann. Vu que je suis grand, maintenant j’ai 4 ans. Aujourd’hui je suis allé au cinéma avec Mam’Chris, on a regardé un dessin animé qui s’appelle Ivan Tsarévitch et la Princesse changeante. Je suis trop content d’être avec Mam’Chris, et aussi c’était trop bien le dessin animé, que la princesse changeante elle se transformait pour attaquer les méchants, en araignée et en limace méchante. Là je veux dire quand est-ce que vous descendez du bateau pour voir aussi le dessin animé qu’on est allés voir au cinéma ? Juliette elle aura bientôt un an. A bientôt, continuez bien votre voyage.

    • auflo
      | Répondre

      Coucou Erwann, il a l’air super ton dessin animé ! Hélas, on ne pourra pas le voir parce que descendre du bateau on peut, mais par contre là où on est, il n’y a pas de cinéma. Bisous. Mélisse.

      • Manou
        | Répondre

        Au début, Erwann m’avait dit : « quand est-ce qu’elles descendent du bateau ? ça fait longtemps que je les ai pas vues, et on irait au cinéma ». Donc en gros il disait que vous lui manquiez 😉

  5. Erwann
    | Répondre

    J’ai oublié de vous dire, du serpent méchant et du crocodile et des tortues, ça m’a intéressé.

    • auflo
      | Répondre

      Il y a quelqu’un hier qui nous a dit qu’il y a des crocodiles là où on est et d’autres gens disent qu’il n’y en a plus, alors on est embêtés parce qu’on ne sait plus si on peut se baigner, et on a très envie de se baigner parce qu’il fait très chaud.
      Bisous. Erell.

  6. Monique Neyret
    | Répondre

    Chez nous quand on ouvre le robinet pour prendre un verre d’eau on ne se rend pas assez compte de la chance qu’on a, j’y penserai désormais !
    Merci pour ce reportage très instructif et sur cette mission de voiles sans frontières. C’est vraiment intéressant votre voyage.
    Gros bisous et quelle est la suite du programme ?

    • auflo
      | Répondre

      Mais si seulement on ouvrait le robinet juste pour boire ! On le fait aussi pour faire la cuisine, la vaisselle, la lessive, le ménage, se laver, les travaux… et là on se rend compte comme ça prend du temps et comme ça fatigue si on doit aller chercher cette eau à 2 km à pied ou plusieurs km en pirogue, et même à la borne fontaine.
      La suite du programme : un autre endroit dans le Sine Saloum où il y a une réserve d’animaux, puis la Casamance.

  7. Manou
    | Répondre

    Quand j’étais petite, dans la maison de mon arrière grand-mère à Kerenoc, il y avait un puits et une citerne d’eau de pluie, et un seul point d’eau dans la cuisine, il fallait pomper avec un grand levier en métal (si mes souvenirs sont justes). Lorsqu’on y était nombreux en été, je me souviens de conversations entre grandes personnes autour de cette eau de la citerne, dont le niveau commençait à être bas, et une fois mon père était même descendu dans le puits pour voir comment il se portait (avec des grenouilles mortes dedans). Heureusement c’était la Bretagne 😉 et pas très loin au cas où, il y avait une fontaine dans un chemin creux. Malgré l’arrivée de l’eau au robinet ensuite, mon grand-père lorsqu’il avait fait construire une nouvelle maison, avait prévu il me semble la citerne de récupération d’eau de pluie (au cas où).
    C’est vrai que maintenant chez nous, on ne préserve pas suffisamment l’eau, et qu’on la laisse filer dans les canalisations sans essayer de la récupérer pour un 2ème usage, et qu’en plus on la pollue énormément sans se soucier des autres et de la suite. Comment changer ça ?
    Bravo Mélisse pour ton article et les photos, gros bisous à tous les 4.

  8. xavier
    | Répondre

    Merci Mélisse pour cet article.
    Je pense à vous et le jeu des petits chevaux me manque, et vous : avez vous rejoué aux 1000 bornes 😉 .
    Bon alors Aurelien et Flora je vois que vous continuez à bidonner ! Et comme cela y a l’eau courante aux robinets de Pen Gwenn… Flora tu n’as pas envie d’emmener toute la famille pour aller faire la lessive avec les femmes au puits. Je suis absolument certain que vous aurez un succès immense.
    Je constate également que le débit internet est nettement meilleur que lors des premiers jours dans le Sine Saloum…
    Moi j’ai eu le plaisir de retrouver de l’eau (chaude) pour des bonnes douches… L’ambiance bateau ca rappelle un peu l’ambiance refuge – quoique maintenant les refuges ressemblent de plus en plus à des hôtels.
    Je vous embrasse.

  9. Annick Lafond
    | Répondre

    Bravo pour le reportage et merci de nous rappeler que nous avons beaucoup de chance d’avoir tout ça à domicile!!!!
    Bisous à vous

  10. Martine
    | Répondre

    Bonjour la famille,
    Je suis toujours vos aventures du fond de mon canapé, étant toujours immobilisée par mon plâtre. Du coup je passe de bons moments en votre compagnie. Je découvre d’autres endroits du Siné Saloum, nous nous connaissons les plus gros villages, Ndangane, l’ile de Mar lodj, Toubacouta….

    Je suis admirative de l’expression de Mélisse et Erell.
    Vraiment bravo et un grand merci pour ces reportages vraiment très intéressants.

    Je voulais aussi vous demander si je pouvais communiquer le lien du blog à Aliou, notre ami sénégalais.
    Il a vu quatre voiliers arriver à Ndangane. Il se demandait si l’un des bateaux était le votre. Je lui ai dit que vous étiez plus bas.
    Il sera très intéressé de suivre votre périple.
    bises à vous tous

    • auflo
      | Répondre

      Bonjour Martine, ça nous fait plaisir que tu lises nos articles et que tu laisses des commentaires, comme ça nous aussi on a un peu l’impression de te voir 😉 et en plus on imagine que c’est chez Edith et Marie autour d’un bon plat…
      Pour tout t’avouer, on aide quand même pas mal Mélisse et Erell, pour construire l’article, diminuer les erreurs de syntaxe, on en profite pour améliorer leur français quoi. Et puis elles nous dictent et on écrit (donc forcément moins de fautes d’orthographe).
      Pas de problème pour donner l’adresse de notre blog à Aliou. Nous sommes passés finalement à Ndangane, car c’était plus facile pour notre oncle pour rentrer à Dakar, mais nous n’y avons passé qu’une 1/2 journée, je n’ai donc pas essayé de contacter Aliou.
      Bises. Flora.

  11. Valentine
    | Répondre

    Bonjour, Mélisse et Erell ! ça m’a beaucoup plu l’article sur l’eau. La maîtresse a dit que l’eau était précieuse. Mam’Chris a imprimé votre article pour que je l’amène à l’école et que je le montre à ma classe. Et c’est pas tout, je vais vous écrire d’autres choses c’est pas fini. On a fait plein de belles choses avec Mam’Chris. Je vous le dirai demain. 1000Bîzzzzzzzzzzz 🙂

  12. edith
    | Répondre

    Hello,
    Nous voilà de retour à Oullins depuis hier soir, mamie claude était en pleine forme, on a beaucoup baladé en bord de mer, mangé des crêpes et bu du cidre, hic!! Et mamie a lu avec bonheur vos derniers articles, et le montre aux aides-ménagères, qui suivent aussi votre voyage avec enthousiasme! Trop fière qu’elle est, de ses arrières petites-filles!!
    Et nous, même avec nos deux recyclages d’eau( qui finissent en arrosage ou autres utilités…ce qui me gave souvent à cause des manipulations!)on se sent très privilégiées!!
    J’ai imaginé le parcours du penn gwenn dans les fonds sableux, j’aurais pas pu être à la barre!!
    Merci de vos récits, ils nous enchantent et nous font rêver, bisous en pagaille!

  13. Valentine et Christiane
    | Répondre

    Et maintenant vous êtes à Diogane ! Par où êtes-vous passés ? vous avez fait le tour par où ? ça doit être merveilleux les paysages, même s’il fallait faire hyper attention aux bancs de sable… J’ai hâte de savoir. J’ai montré à Valentine en agrandissant bien la carte du tracker, on voit des pirogues, les maisons, la mosquée même, les chemins, le ponton…
    Valentine dit : on vous prépare plein de petites surprises avec Christiane, que Papa vous apportera quand il ira vous voir. Et aussi Manou m’a fait la même coiffure qu’à Mélisse (les 2 tresses qui font comme un coeur derrière la tête). Bisous ! @@@@@@@@@@@@@@@ on dirait des escargots 🙂

  14. Gérard Dubreuil
    | Répondre

    L’eau , à chaque situation sa solution : ici un château d’eau,ailleurs des forages utilisant l’énergie solaire… Dans d’autres contrées ce n’était pas sa quantité qui posait problème mais son acheminement dans la maison . L’eau sur l’évier en Europe est une invention du XXème siècle donc très récente (en gros comme l’avion). Ailleurs comme en Afrique , l’avenir risque d’être de la respecter comme un des biens les plus précieux .
    Il y a longtemps , j’ai dû faire toute ma toilette avec l’eau d’une boîte de lait Guigoz ; c’est pas beaucoup ,mais c’était en Casamance et le soir j’ai assisté à une fête de village jusque tard dans la nuit , une découverte de la danse et de la musique africaines ; et cela m’a fait oublié la toilette du matin!
    Grasses bises à vous quatre . Grand-père.

  15. Amaury
    | Répondre

    je vais faire un exposé sur la langue sifflée de la gomera, avec un copain de classe il s’appelle Maël. on a bien
    avancé en tout cas. et tu étais très belle Melisse sur les photos, et aussi Erell 🙂
    gros bisous

    • auflo
      | Répondre

      Coucou Amaury,
      Il a l’air bien ton exposé. Tu nous diras comment il s’est passé !
      Gros bisous. Mélisse et Erell.

  16. thias
    | Répondre

    Coucou les zouzoux j ai appris votre périple il y a pas longtemps , je vais vous suivre sur votre blog et vous encourage de tout coeur dans votre voyage.Je vois que vous avez placé vos petites dans la plus belle et plus fantastique des écoles; L école de la vie.je suis vraiment content pour vous et vous souhaite plein de belle rencontre et de merveilleux paysage.
    Gros bisous à toute la tite famille.
    Mathias.

Répondre